Les parties du discours n°2

 

 

I)   Les actualisateurs du substantif (2)

 

A)   L'article défini

 

1.    Ma valeur de base de l'article défini est l'expression de la notoriété. L'article défini vise un substantif connu :

-         pour être unique. Ex : "Le soleil est un fameux quinquet".

-         pour quelques raisons que ce soient ou supposé connu par le locuteur ou par le locuteur et le destinataire. Ex : "Ferme donc la fenêtre" le locuteur et le destinataire partageant la même situation de communication, ils savent de quelle fenêtre il s'agit.

Cette valeur de notoriété découle naturellement de l'origine de l'article. En latin, "ille" est un démonstratif qui désigne ce dont on vient de parler. En fait, il représente le degré minimum du démonstratif.

"Ah! Le pendard de Turc, m'assassiner de la façon!". Cette valeur s'est conservée dans les expressions toutes faites (pour l'instant, de la sorte).

 

2.    Ainsi susceptible de marquer le substantif virtuel, l'article défini peut exprimer la réalisation ma plus complète, c'est-à-dire la localisation précise dans l'espace qui, en français, est du ressort du démonstratif.

Cette valeur démonstrative et emphatique peut évidemment se charger de significations nuancées dans le ton. Ainsi, par antihrase (ex : "Ah! Le beau tableau.") peut avoir une valeur tant laudative que péjorative. Par là sont possibles toutes les nuances de l'ironie ou de la laudation. (ex : "Bravo! L'admirable réponse!")

 

3.    Entre le notoire et la localisation dans l'espace objectif, l'article défini connaît aussi une valeur possessive qui découle de l'habitude. LE = NOTRE : ex : "Je vais chez le boulanger". des constructions courantes mais familières : au lieu de dire "ma voiture", on dira "la voiture" emploi de l'article défini pour remplacer le possessif devant le substantif qui désigne les parties du corps. Ex : "Je descends à grands pas en bas de la ville, le dos voûté, le cœur vidé, l'esprit fébrile."

 

4.    "La calomnie est un vilain défaut". L'article  défini accompagne le substantif virtuel. Il a alors une valeur généralisante et désigne une catégorie, un concept. Cette valeur se rencontre quand l'article défini a une valeur d'approximation (ex : "Nous irons jusqu'aà la centaine.") ou une valeur distributive (ex : "Fermé le lundi" = chaque).

 

5.    L'article défini permet un grand nombre de jeux stylistiques.

 

-         accent d'emphase qui permet de rendre unique ce qui ne l'est pas. Ex : La terrine du chef, sur un menu de restaurant.

-         refus de la catégorie du nombre, et par là, le passage du réel au virtuel, du concret à l'abstrait. Ex : "Son beau corps a roulé sous la vague marine."

B)   L'article partitif

 

1.    Son existence est contestée par beauoup de grammairiens. On remarque en effet que c'est la préposition (mais est-elle encore une préposition dans cet emploi?) qui apporte la nuance partitive. Ex : Je mange de la soupe. En outre, le système dit partitif ne semble pas cohérent : quand je dis "Je mange du beurre" (partie d'une substance continue). "Des beurres", (parties d'un ensemble discontinu). Il est alors difficile de parler de singulier et de pluriel. "Des" partitif n'est pas le pluriel de "du" mais celui de "un" indéfini. En fait, le partitif, c'est le refus du nombrable.

 

2.    C'est pourquoi le partitif marque une participation  à un ensemble concret, réel, mais pas nombrable ("du pain"), ou bien une participation à une notion quand on le place devant un nom abstrait ("du génie"). Aussi, devant un nom concret, il arrive que le partitif assure le passage vers l'abstrait en marquant encore une participation à une catégorie prise comme caractérisation d'une notion.

 

3.    Le partitif est, dans certains cas, réduit à "de". Ex : "Je ne mange pas de pain".

 

C)   L'adjectif possessif

 

1.    Le français connaît 2 séries d'adjectifs possssifs :

-         atone (mon, ton, son …)

-         tonique (mien, tien, sien …)

Ces deux séries ne sont pas d'un usage identique. La série tonique ne s'emploie qu'en fonction d'attribut, et encore dans la langue soutenue. Comme épithète, cette forme est d'un usage ancien. Ex : "Je vais rendre visite à un mien cousin".

 

2.    Les possessifs corrigent une incertitude du pronom personnel, employé comme cas prépositionnel. Ex : "Le chapeau de moi". A la 3ème personne, l'adjectif possessif évite simplement une répétition. Ex : "Le chapeau de jean et la canne de jean". On se contentera ici de noter que MON et TON, qui se réfèrent à des personnes spécifiques, s'emploient devant des substantifs réels. Ex : "Je veux voyager loin et je ménage ma monture".

SON, au contraire, fait référence à la personne non spécifique et apporte une précision moins grande qui peut aller jusqu'à l'expansion du virtuel. Ex : "Jean veut noyer son chien et l'accuse de la rage" → REEL

      " Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage"    →  VIRTUEL

 

3.    Comme son nom l'indique, l'adjectif possessif marque un rapport d'appropriation. Il équivaut par là à un complément du substantif introduit par DE. Outre cette valeur de base, l'adjectif possessif prend essentiellement 2 valeurs stylistiques :

 

-      marque la tendresse. Ex : "C'était mon bon toutou". On le trouve souvent avec l'imparfait dit "hypochoristique".

-         marque le dédain. Ex : "C'est ça, ton idéal?".

 

 

D)   L'adjectif démonstratif

 

1.    En latin, les démonstratifs étaient dans une situation identique à celle que connaissent encore en français les possessifs : ils étaient liés à la personne. La langue a gardé 2 niveaux : CI et LÀ. Il représente le point le plus achevé de la réalisation. Il localise un individu, un objet, la manifestation d'une notion dans l'espace. Ex : "Cet homme a une démarche curieuse".

 

2.    Liés aux adverbes CI et LÀ, qui se réfèrent au domaine dimensionnel (espace: ci, là ; temps : d'ici là), les adjectifs démonstratifs se sont dégagés de cette condition et sont comme la transposition de ces caractéristiques dimensionnelles dans l'univers "notionnel". La localisation devient alors une réalisation, une détermination. C'est à cause de ce transfert que les adjectifs démonstratifs ont pu acquérir des nuances notionnelles telles que le mépris ou la laudation : "Ce monde!" selon le ton et le contexte peut être péjoratif ou laudatif (linguistique ou extralinguistique).

 

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