Messages écrits - fonctions référentielles

Classement des messages écrits

D’après l’étude des fonctions, nous pouvons résumer le classement des messages écrits dans le tableau suivant. Dans la colonne de droite sont indiquées les fonctions venant se superposer à la fonction référentielle mentionnée en haut du tableau.

Fonctions

Définitions

Fonction référentielle

Informations brut, objectives et sèches. Pas de commentaire, ni de jugement.

Fonction expressive

Présence du destinataire, de ses jugements, de ses sentiments. Ce sont des textes critiques, subjectifs et « impressionnistes ».

Fonction conative

Prise en considération du lecteur, les textes « impressifs », persuasifs et séduisants.

Fonction phatique

Les textes amorçant ou facilitant la communication.

Fonction métalinguistique

Ce sont les textes explicatifs, les définitions.

Fonction poétique

Ce sont des textes valorisant l’information par la forme du message.

Réserve :

L’apparente simplicité ne doit pas masquer la réelle complexité des messages écrits. Cette classification peut être opératoire dans la mesure où elle est un instrument pratique pour l’analyse voire la fabrication de certains textes écrits d’utilité courante. Mais il ne faut pas perdre de vue que les fonctions sont étroitement imbriquées dans les messages que certaines d’entre elles se manifestent de manière indirecte.

Ainsi, existe-t-il des textes purement référentiels ? Tout texte n’émane-t-il pas d’un destinateur ? Un texte apparemment impersonnel n’est-il pas tout de même produit par un individu ou une institution ? D’ailleurs, l’objectivité, la sécheresse ne sont elles pas en elles mêmes, les marques d’une finalité, parfois complexes et subtiles.

En fait, au niveau de l’analyse, comme de la fabrication, le texte écrit se définit à partir de la personnalité du destinateur (individu ou institution), et celle du destinataire.

Un texte porte toujours les marques d’une intention et du passage de cette intention de l’émetteur a récepteur. En ce sens, l’objectivité, la sécheresse et la froideur sont elles-mêmes des intentions et illustrent un certain traitement de l’information.

Exercices :

  1. De quel type de texte s’agit-il ?

Il s’agit d’un texte journalistique et plus précisément d’un récit purement subjectif. C’est un récit parodique et humoristique.

  1. Combien y a-t-il de paragraphes ?

Il y a trois paragraphes.

  1. Donner un titre à chaque paragraphe ?

Début du match : présentation de la suprématie de l’américaine face à la française (aucune doute).

Mise en évidence de la combativité de la française.

« Rien à faire » : on reconnaît la suprématie de l’américaine.

L’auteur a su tenir en haleine le lecteur malgré que dès le départ on connaît les résultats finals.

  1. Construis la partie référentielle du texte

Isabelle Demongeot et Chris-Evert ont disputé un match de tennis sur la cour centrale. Chris Evert a battu Isabelle par deux sets (6-3-7-5).

  1. Les fonctions des paragraphes

Paragraphe 1 :

i. Fonction expressive : « joli », « acidulé », « amusant », « bien », « morose ».

ii. Fonction poétique : « pas grand-chose – plus grand-chose » (+ opposition avec « gagner » et « perdre »), « grand-chose » et « persécuter ».

Paragraphe 2 :

iii. Fonction expressive : « bien », « fausse question », « jolie frimousse », « collégienne ».

iv. Fonction poétique : « chahuter », « collégienne » è Tout le champs lexical de l’enfant.

v. Fonction conative : La question.

Paragraphe 3 :

vi. Fonction poétique : « Comme d’autres tricotent », « tapa doucement sur les doigts de l’insolente (= petite fille) ».

vii. Fonction expressive : « Que demander de plus ? (= fausse question) », « bon moment », « Rien à faire ».

viii. Fonction conative : « Que demander de plus ? »

ix. Référence intellectuelle : « Humeur partageuse (fable de la fontaine) ».

  1. Quels sont les substituts lexicaux ?

Isabelle Demongeot : Le Petit Chaperon Rose, La française, l’insolente.

Chris-Evert : Mère Grand, l’Américaine, La reine-mère.

  1. Quelles sont les informations qu’ils apportent ?

La nationalité et le rapport de force.

  1. De quel type de phrase s’agit-il ?

Phrase elliptique : « Elles y prirent toutes les deux du plaisir, le public aussi » et « La française n’avait pas grand-chose à perdre (…) L’américaine plus grand-chose (…) ».

Phrase simple.

Phrase averbale : « Deux sets (…) sévère » è Il s’agit d’une nouvelle information qu’on ne connaissait pas.

Phrase interrogative : «Comment ne serait-il pas plaisant ? » et « Alors, que demander de plus ? » è Fausses questions.

  1. Le but du texte

Il s’agit de faire un beau texte et de donner une information.

10. Les fonctions des paragraphes

On ne trouve pas de termes techniques mais les métaphores permettent de donner une accroche au lecteur (Exemple : Patronnesse = séance de bienséance).

 

 

Texte concerné :  

 

 

Pourtant les choses, malgré la morosité du temps, avaient bien commencé sur le

 

centrale. Un joli match féminin acidulé, amusant, le Petit Chaperon Rose, Isabelle

 

Demongeot, et Mère-Grand, Chris-Evert. La Française n’avait pas grand-chose à perdre,

 

sauf ses illusions. L’Américaine, plus grand-chose à gagner, sinon de persécuter encore la

 

relève.

 

Quand un match par ainsi, sur des bases bien établies, chacune dans son rôle, comment

 

ne serait-il pas plaisant ? Isabelle Demongeot, qui a une jolie frimousse, presque une

 

illustration pour livre d’enfant sage et qui rougit comme une collégienne, quand le vent,

 

ce fripon, soulève sa jupe plissée, fit ce qu’elle avait à faire : son possible et même son

 

impossible, pour tenter de chahuter la reine-mère.

 

Rien à faire, Mère-Grand, qui vaque à son tennis comme d’autres tricotent, en virtuose,

 

n’est point cette année encore, d’humeur partageuse. Avec le sérieux extrême d’une

 

joueuse patronnesse, elle tapa doucement sur les doigts de l’insolente. Deux sets, un

 

score ni trop indulgent ni trop sévère (6-3-7-5), et un bon moment de tennis. Elles y

 

prirent toutes deux du plaisir, le public aussi. Alors, que demander de plus ?

 

 

                                                                                                Pierre Georges, Le Monde.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site